Ça commence quand, être adulte ? À 18 ans, au premier appartement, au premier travail ? Et à quel âge devrait-on être parent ? Est-ce que ce n’est pas trop tôt ou trop tard ? Pourquoi tu n’en ressens pas encore l’envie ou le besoin comme tes amis ? Beaucoup de questions qui angoissent et tournent dans la tête. Peu de réponses qui consolent et réconcilient avec la vie. Pas de panique, Panayotis Pascot est exactement comme toi. Et plutôt que de se retrouver seul dans sa chambre à angoisser sur le sens de la vie, il préfère en faire de l’humour. Le passage à l’âge adulte, si terrifiant, est le terrain de jeu de son spectacle Entre les deux. Il puise dans son ressenti ses meilleures blagues et, franchement, ça vaut le coup qu’on s’y arrête un peu.
Un mec qui a grandi devant nous
Qu’il s’y fasse ou non, Panayotis Pascot grandit. On est bien placé pour le dire, puisqu’il a en partie grandi sous nos yeux. Si tu connais un peu sa carrière, tu sais qu’il n’est pas arrivé là par hasard. Chroniqueur pour Le Petit Journal (à 17 ans !) puis Quotidien, il se lance par la suite dans l’écriture et la représentation de son premier one-man-show, Presque, mis en scène par Fary. Si tu ne fais pas partie des 100 000 spectateurs à l’avoir découvert en salles, tu peux te rattraper sur Netflix. Et on te parle pas d’un petit truc, d’une premier spectacle timide, loin de là. Sa tournée s’est refermée en 2022 après deux Olympia et trois Opéra Garnier !
En 2023, le Panayotis Jovial et si drôle qu’on connaît dévoile une nouvelle facette. Comme souvent avec les humoristes, derrière les rires et les blagues se cachent des démons à exorciser, des angoisses à calmer, des interrogations qui cherchent des réponses (n’est-ce pas Florence Foresti ?). Il nous apprend tout ça dans son livre, La prochaine fois que tu mordras la poussière, où il s’exprime frontalement sur sa dépression, sa relation avec son père et son homosexualité. Un texte brut et intime qui convainc 200 000 lecteurs et qui prend vie sur la scène d’un théâtre grâce à Paul, son frère.
Entre les deux, ou comment rire de ne rien comprendre à sa vie
L’âge adulte n’est pas aussi excitant que promis pour Panayotis Pascot. Et c’est ce qu’ils nous raconte dans son deuxième spectacle, Entre les deux, qui, avouons-le, porte bien son nom. Car il se trouve justement dans une zone grise entre deux : il n’a plus rien d’un enfant, mais il ne se sent pas encore adulte. Il ne se sent pas encore capable d’élever un enfant, alors que doit-il faire ? Comment vivre ? Pourquoi et pour qui ? Dans ce deuxième spectacle, il explore la nostalgie de son enfance (fantastique, évidemment, puisque le bac à sable et les jouets étaient les seules préoccupations) et l’incertitude qui accompagne l’âge adulte.
La réussite derrière l’humour et l’écriture de Panayotis repose sur son travail d’équilibriste. Il est capable d’aborder des sujets lourds qui, sur le papier, ne font pas sourire, pour mieux proposer des tranches de franches rigolades sans pour autant vider les thèmes sérieux de leur substance. Comme s’il se confiait à des amis proches en ponctuant son monologue de traits d’esprits pour mieux faire passer ses messages. Ici, les potes, c’est une salle comble prête à l’écouter, à rire avec lui et à partager un moment où les angoisses communes sont un terreau pour les meilleures blagues. Panayotis te propose de rigoler avec lui car, citons-le, il considère que la vie n’a aucun sens. Alors arrête de faire les cent pas dans ta chambre en écoutant ta petite voix dans la tête qui entretient tes coups de mou. Opte plutôt pour un seul-en-scène qui prend un autre chemin : celui de puiser dans le pire pour trouver un humour salvateur pour tous les angoissés.
Une tournée qui traîne un peu partout en France
Son one-man-show est un succès populaire. À Paris, Panayotis a pu jouer devant son public au théâtre de l’Odéon, une première dans ce lieu pour un spectacle de stand-up. Et, parce qu’il le vaut bien, il s’est présenté en juin dernier au public de l’Opéra Garnier. Depuis plusieurs mois, ils parcours la France pour rencontrer son public : de Toulouse à Antibes en passant par Nîmes, Roubaix et Créteil. C’est la dernière ligne droite avec seulement quelques dates restantes (Bordeaux, Carquefou, Brest) avant le grand final à Paris au théâtre du Rond-Point puis au Palais des Sports. Tu peux vérifier sur son sites si de nouvelles dates sont prévues ! Le succès est tel que ce ne serait pas une surprise. Comme quoi, ses questionnements intimes sont partagés par un grand nombre de Français.
Panayotis ne s’adresse pas qu’aux petits angoissés qui partagent son ressenti sur le monde moderne et la société actuelle. Si tu cherches où sortir, tu peux réserver ta place, que tu partages cet état d’esprit ou non. Et pour les plus cyniques qui peuvent se dire que c’est juste encore un petit mec qui parle des affres de la vie moderne, l’impression n’est pas la bonne. Ici, on sent les tripes et le coeur, on sent la passion et le réel derrière les blagues. Et c’est pour ça que ça marche ! Il parle de quelque chose que tu connaîs, que tu vis, que tu affrontes toi aussi, peut-être. Tu vas forcément te reconnaître dans cet espèce de flottement qu’il décrit si bien. Plutôt que d’en avoir peur ou honte, autant en rigoler.



















