Si tu as traîné sur les réseaux sociaux ces derniers temps, tu n’as pas pu y échapper. Entre les vidéos de coachs en séduction au regard ténébreux et les podcasts d’hommes en costume qui t’expliquent comment devenir un mâle alpha… le masculinisme fait un buzz monstre ! Mais loin des clichés du bodybuilder en colère, ce mouvement complexe prend de l’ampleur et interroge. Alors, simple crise de croissance de la virilité ou vrai phénomène de société ?
De la crise d’identité au phénomène Internet
Pour comprendre le masculinisme, il faut d’abord capter d’où il vient. À la base, ce n’est pas une simple invention de l’algorithme TikTok. Face aux avancées légitimes des droits des femmes et à la déconstruction des vieux stéréotypes, certains hommes se sont sentis un peu… menacés dans leurs privilèges. “Si je ne suis plus le pilier de la famille qui ramène le mammouth à la maison, je sers à quoi ?” Voilà en gros la question existentielle qui a germé dans pas mal de têtes.
Le problème, c’est que la nature a horreur du vide et Internet encore plus. Des figures de la Manosphère (cet univers numérique ultra-masculin) ont surfé sur ce désarroi. Leur discours ? Prétendre que l’homme moderne est devenu faible, efféminé et qu’il est temps de reprendre le pouvoir. Ils ont transformé une crise identitaire en un business très lucratif. Tu as sûrement déjà croisé ces vidéos qui te promettent le succès, l’argent et les muscles en trois étapes simples. C’est séduisant sur le papier, mais souvent un poil toxique en réalité !
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Les dérives d’un discours qui se veut rassurant
Vouloir prendre soin de soi, aller à la salle et être fier de sa masculinité, c’est plutôt sain. Là où ça l’est moins, c’est quand le mouvement bascule dans le ressentiment. Sous couvert de redonner confiance aux jeunes hommes, une partie du masculinisme distille une méfiance viscérale envers les femmes et le féminisme, perçus comme des ennemis jurés.
On assiste alors à une sorte de repli identitaire. Au lieu de réinventer une masculinité cool, moderne et bienveillante, certains préfèrent fantasmer sur un retour aux années 1950. On te vend un modèle où l’homme doit être stoïque, ne jamais montrer ses émotions et dominer son entourage. Le risque, c’est de s’isoler socialement en voyant les relations humaines comme un éternel rapport de force ou un jeu de séduction ultra-calculé.
La montée du masculinisme montre surtout une chose, il y a tout un stock de doutes existentiels qui se cache derrière ces gros bras et ces costumes trois pièces. Mais franchement, s’enfermer dans des manuels de mâle alpha pour apprendre à commander son café avec autorité ou snober la gent féminine, c’est quand même un sacré aveu de faiblesse. À force de vouloir ressusciter les clichés des années 50, on se retrouve surtout avec des clichés sur pattes ! La vraie confiance en soi, ce n’est pas suivre les conseils d’un influenceur qui t’explique comment dominer le monde en mangeant de la viande crue à 5 heures du matin. C’est juste être bien dans ses baskets, sans avoir besoin d’un mode d’emploi pour prouver qu’on est un homme.
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