S’habiller n’est jamais un acte anodin, c’est une extension de soi, une armure ou un manifeste. Pour certains, c’est une question de tendances, pour Yamê, c’est une question de vibration. Révélé au grand monde avec son titre Bécane et sa mémorable session Colors, l’artiste franco-camerounais ne s’est pas seulement imposé par sa voix de tête et son mélange de jazz, de trap et de rumba. Il a aussi imposé une silhouette. Entre l’aura d’un boxeur en plein combat et l’élégance d’un dandy moderne, le style de Yamê a créé un univers visuel aussi hybride que sa musique. Edgard t’explique comment s’habiller selon son style !
Entre héritage et futurisme
Le carrefour des mondes de Yamê
Le style de Yamê est un carrefour culturel. Ses inspirations puisent dans une forme de style minimaliste organique où l’on sent l’influence de l’Afrique centrale dans le choix de certaines couleurs et matières. Il y a chez lui un côté rétro-futuriste avec des clins d’œil au style des années 90 dans les coupes larges, mixés à de la joaillerie plus contemporaine.
Son évolution est assez fascinante… Au début, on l’apercevait dans des looks plus streetwear et fonctionnels, mais avec l’ascension fulgurante de sa carrière, son style a pris un virage plus sculptural ! Ses passages dans la mode ont marqué une étape, celle où il devient lui-même une icône de mode, capable de porter un costume destructuré avec la même aisance qu’un ensemble en maille.
L'ascension d'une égérie organique
Si Yamê ne semble pas lié à une seule étiquette, il entretient un lien privilégié avec des maisons qui partagent son goût. On l’a vu rayonner en Jacquemus, notamment lors du défilé Les Sculptures, où son allure monochrome crème a parfaitement épousé le décor artistique de la fondation Maeght. Il porte également souvent des pièces de jeunes créateurs qui travaillent la texture, comme la maille ou le cuir souple.
Yamê n’est pas qu’un consommateur de mode, il en est devenu une égérie naturelle. Sa collaboration avec des marques de haute joaillerie ou des maisons de couture se fait toujours sous le signe de l’authenticité. Il ne se contente pas de porter un vêtement, il l’incorpore à sa performance. On le voit de plus en plus au premier rang des Fashion Weeks, ce qui confirme son statut de figure incontournable où la musique et le vêtement ne font qu’un. Sa capacité à rendre couture un simple marcel blanc est d’ailleurs devenue sa signature.
Anatomie et signature
La pièce maîtresse du vestiaire de Yamê est sans aucun doute le Top Tank trendy, souvent blanc ou noir. C’est son uniforme de scène ! Simple, efficace, il met en valeur sa gestuelle et ses tatouages. Mais Yamê est aussi un adepte de la mode du layering. Il superpose souvent des vestes sans manches en cuir ou des gilets en maille texturée sur des torses nus ou des t-shirts fins. On retrouve beaucoup de coupes boxy.
En bas, Yamê privilégie le volume. On oublie le slim ! Ici, le pantalon cargo fluide, le pantalon tailleur large ou le jean oversize règnent en maîtres. Il y a une véritable cohérence dans ses choix. La taille est souvent marquée, mais la jambe reste libre. On l’a vu porter des pantalons aux couleurs audacieuses, comme un lilas, qui cassent les codes du vestiaire masculin traditionnel. La silhouette est toujours équilibrée par un jeu de proportions… Si le haut est près du corps, le bas est généreux.
L’artiste accorde une importance capitale aux détails. C’est ici que le diable se cache. Côté chaussures, il alterne entre des boots massives pour ancrer sa silhouette et des sneakers de designer. Mais ce sont ses bijoux qui parlent le plus. Accumulation de bagues en argent, colliers de perles ou chaînes fines. N’oublions pas ses cheveux ! Les perles métalliques intégrées à ses tresses sont devenues une extension de son style. Tout comme ses lunettes de soleil aux montures architecturales.
Les deux visages de l'artiste
L'uniforme du studio
Au quotidien ou lors de ses répétitions, le style de Yamê se cultive comme effortless mais hyper pointu. On est sur des marques de streetwear haut de gamme ! Un ensemble de survêtements monochrome ou un ensemble jean large et hoodie de créateur. On se souvient de ses passages en studio où il arbore souvent des bonnets ou des casquettes avec des pièces vintage chinées. C’est un style pragmatique, fait pour bouger, pour vivre, mais qui garde toujours une ligne esthétique cohérente.
Le grand soir
Lorsqu’il s’agit d’événements officiels ou de cérémonies, comme les Victoires de la Musique, Yamê passe à la vitesse supérieure ! Ses choix sont audacieux, il peut opter pour un costume sans chemise, en jouant sur le côté sexy, ou des silhouettes ultra-chics aux coupes japonisantes. Son évolution sur tapis rouge montre une confiance croissante… Il ose des matières plus brillantes, des coupes plus conceptuelles, tout en restant ce gars du 91 qui a conquis le monde.
En quelques années, le style de Yamê a réussi l’exploit de créer une identité visuelle aussi reconnaissable que son grain de voix. En mélangeant l’aisance du streetwear, l’audace des volumes XXL et une précision chirurgicale dans l’accessoirisation, il prouve que le style est avant tout une affaire d’attitude. Qu’il soit en débardeur sur scène ou en silhouette sculpturale lors d’un défilé Jacquemus, l’artiste conserve cette ligne esthétique cohérente qui fait le pont entre ses racines et une vision futuriste de la mode. Alors qu’il continue de flirter avec les plus grandes maisons de couture, une question brûle toutes les lèvres, à quand une collaboration officielle ou une collection capsule signée de sa main ?
Photo de couverture : © Instagram – @yamebantu
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ICÔNE DE LA MODE





































