Sortir à Paris : l’Amérique vue de l’intérieur avec Dana Lixenberg

Sortir à Paris American Images expo

« C’est important de voir l’autre et de créer du lien. » Dana Lixenberg. C’est peut-être la phrase la plus simple pour résumer 30 ans de travail ! Et pourtant, elle dit tout… La MEP (Maison Européenne de la Photographie) consacre sa première rétrospective à Dana Lixenberg, photographe néerlandaise dont l’œuvre est un portrait profondément humain de l’Amérique populaire. Sous le titre American Images, l’exposition rassemble plus de trois décennies d’histoire où célébrités et visages anonymes se côtoient avec la même considération, la même dignité.

Voir l’Amérique à travers Dana Lixenberg

Ce qui frappe d’emblée chez Lixenberg, c’est sa capacité à rendre visibles ceux que l’on ne voit jamais vraiment. Célébrités comme Tupac Shakur, Whitney Houston, Jay-Z ou Lil’ Kim côtoient des habitants anonymes de quartiers populaires ou de centres d’accueil pour sans‑abri. Tous photographiés avec la même attention et dignité. 

©Dana Lixenberg​
©Dana Lixenberg​

Pour elle, le portrait est une rencontre humaine. Dans une interview, Lixenberg évoque cette démarche comme une véritable « danse lente entre deux personnes », où patience, écoute et respect sont essentiels pour réussir le cliché. Elle refuse les jugements et préfère laisser surgir la présence réelle de chacun·e. 

Cette sensibilité prend tout son sens lorsqu’on sait qu’elle travaille avec une un trépied  et une chambre grand format 4×5 pouces, un instrument lent qui donne des images extrêmement nettes. Pour elle, ses séances sont une rencontre, le statut social n’a aucune importance. La force de son œuvre réside dans la relation qu’elle établit avec les personnes qu’elle photographie. 

American Images à la MEP : voyage dans les visages et les histoires

L’exposition, accessible jusqu’au 24 mai 2026, se déploie comme un grand reportage à travers plusieurs décennies de travail. Un voyage visuel qui révèle à la fois la diversité sociale des États-Unis et la vérité des visages photographiés.

Au cœur du parcours, on trouve Imperial Courts, le projet le plus ambitieux de Lixenberg. Celui-ci met en lumière Los Angeles, juste après les émeutes de 1992. Pendant plus de 30 ans, elle a posé son objectif sur les résident·es de cet ensemble de logements sociaux. Elle y à développé un lien de confiance avec eux pour construire, image après image, un portrait collectif vivant de la communauté.

©Dana Lixenberg​

La scénographie de ce segment est totalement immersive… Une installation vidéo à trois canaux de près de 70 minutes qui nous plonge dans le quotidien de Watts avec ses sons, ses mouvements, ses visages comme si on regardait par le viseur avec elle.

Mais l’exposition explore aussi des projets comme Jeffersonville, Indiana, où la photographe a déclenché pendant sept ans dans un foyer d’accueil pour sans-abri. Mais aussi The Last Days of Shishmaref, qui fixe sur pellicule la vie d’une communauté iñupiaq en Alaska face au changement climatique.

©Dana Lixenberg​

Un espace est aussi dédié aux Polaroids 4×5 pouces qu’elle utilisait comme prises de vue préparatoires avant chaque passage à la chambre et qu’elle offrait ensuite aux personnes photographiées. 

Et si c’était ça, la force d’une image ? Dana Lixenberg crée du lien. Et c’est précisément ce qui rend ses images si justes. American Images est à voir à la MEP jusqu’au 24 mai 2026 à partir de 9€. Niveau expo photo décalé, découvre « The Beat Goes On » au Quai de la Photo ! 

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